L'histoire de Lanniron
En bref
Le château de Lanniron fut pendant plus de six siècles la résidence des évêques de Quimper .
Dès le 12ème siècle, les évêques de Quimper aiment résider dans leur maison de campagne au bord de l'Odet. Ils y viennent pendant l'été et le reste de l'année, ils résident à l'évêché dans le centre de Quimper. Tout autour de cette maison de campagne se trouvait un village comprenant une église, un cimetière, des maisons, un moulin... une vraie paroisse dont nous trouvons la trace dans les parchemins de l'époque.
L'évêque Guillaume (1193-1218) y mourut. Alain Rivelen dit Morel (1290-1320) y gérait l'administration diocésaine le 25 novembre 1300. Lanniron est une résidence d'été mais les évêques ne viennent pas seulement pour s'y reposer: dès qu'une crise éclate à Quimper les évêques se réfugient à Lanniron pour gérer les affaires diocésaines: Par exemple en 1344 lors de l'assaut et du pillage de Quimper par Charles de Blois .
En ce qui concerne Lanniron, nous trouvons des "contrats d'acquêts" de terres par l'évêque Gatien de Monceaux (1408-1416) qui, en 1412, 1413, 1415, attestent de la volonté de l'évêque d'agrandir son terroir de Lanniron. Monseigneur Bertrand de Rosmadec (1416-1444) bâtit à Lanniron un manoir. Celui-ci consiste en un bâtiment carré flanqué de quatre tourelles.
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| Chateau de Lanniron au XVIIème siècle |
Notons bien que le nom de Rosmadec reste attaché à de nombreux monuments historiques de Quimper et de sa région. Les évêques durant la fin du XVème et le début du XVIème siècle agrandirent leur domaine par l'acquisition d'autres terres tandis que, peu à peu, le village et la paroisse disparaissent.
Puis, le château de Lanniron passe de simple résidence d'été au statut de résidence épiscopale à part entière. Déjà en 1488, l'évêque Guy de Bouché en avait fait une résidence épiscopale comme celle de Quimper.
Après les guerres de la ligue, au XVIème, la ville de Quimper, ligueuse comme la plus grande partie de la Bretagne, ne se soumet au Maréchal d'Aumont qu'en 1594.
Pendant les combats de la Ligue, l'évêché devient une forteresse garnie d'armes et de canons et abritant les soldats qui tiennent la ville (les ligueurs ou les hommes du roi suivant l'évolution des combats) Les chefs des deux armées y donnent tour à tour des fêtes et c'est lors d'une de ces fêtes que l'évêché brûle.
Monseigneur Charles du Liscoët (1582-1614) quitte sa résidence épiscopale de Quimper dévastée par cet incendie et il fait de Lanniron la demeure ordinaire de l'évêque de Cornouaille et non plus seulement sa résidence d'été.
Monseigneur du Louët, évêque de 1640 à 1668, semble porter un grand intérêt à sa résidence d'été de Lanniron et l'agrémente par l'achat de terres pour de petits jardins.
Au 17éme siècle, Monseigneur de Coetlogon(1668-1706), achète de nombreuses terres et fait construire les jardins en terrasses que nous voyons aujourd'hui. Nous y reviendrons plus en détail ultérieurement.
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| Les jardins de Lanniron au XVIIème siècle |
Puis lui succède Monseigneur de Ploeuc (1707-1739).
Au 18éme siècle Monseigneur de Farcy de Cuillé (1740-1772)modifie un peu le manoir du 15éme siècle en lui rajoutant une aile et en l'arrangeant dans le goût du temps.
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| Le château de Lanniron au XVIIIème siècle |
Quant à Monseigneur de Grossoles de Flammarens, en 1772, il supporte très mal la vie épiscopale en Cornouaille : pas plus de trois mois!
Monseigneur Conen de Saint-Luc (1772-1790) fut le dernier évêque de Quimper résidant à Lanniron. Il meurt en 1790 au début de la révolution française et à l'époque de la confiscation des biens du clergé.
Bien national, Lanniron est vendu plusieurs fois. Le château commence à tomber en ruines et les jardins sont loués à des jardiniers qui y cultivent fruits et légumes.
En 1822, Emmanuel Calixte Harrington, un gentilhomme anglais de mère française et vivant en France achète le domaine et entreprend en 1825 la reconstruction du château dans le style
Palladien, très apprécié en Angleterre à cette époque.
Sa façade est relevée de trois frontons triangulaires et d'une colonnade harmonieuse. Sa symétrie s'intègre très bien aux jardins en terrasses.
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| Le château de Lanniron remanié en 1825 dans le style palladien |
Aujourd'hui il ne reste que les soubassements et l'ancienne cuisine datant du 15éme siècle ainsi que l'aile occidentale datant du 18ème siècle.
Après avoir remanié la maison, Harrington songe à modifier ces jardins à la française, trop rectilignes et qui ne correspondent pas au goût anglais de l'époque.
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| Cadastre de 1823 |
Sur un ancien plan cadastral figure en effet l'esquisse au crayon d'un parc romantique qui devait se substituer totalement aux jardins en terrasses. Heureusement, il vend Lanniron avant d'avoir pu réaliser ce projet.
En 1833, Charles de Kerret, aïeul des actuels propriétaires achète le domaine et depuis plus de 170 ans la même famille entretient et restaure le château et les jardins.